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Revisité
depuis les
années 70 par des études anglo-saxonnes très diversifiées, s’étendant
de
perspectives auteuristes ou de sous-genre à des lectures féministes, en
passant
par des études diachroniques, le genre mélodramatique ne s’illustre que
de
façon très parcellaire dans le champs des recherches francophones. Les études sur les
composantes thématiques du
genre y priment, délaissant la construction stylistique du genre en
dépit de
quelques initiatives isolées. Cette situation dépend en grande partie
de préconceptions
sur le genre mais aussi de l’absence d’une définition cohérente de ce
dernier.
Méprisé,
minimisé,
expédié, le genre souffre en effet, depuis ses débuts
cinématographiques, de
son utilisation péjorative qui restreint le « mode
mélodramatique » à
celui qui manipule les émotions du public et n’offre qu’une
représentation
pauvre mais excessive sur le plan esthétique. Mais le problème s’étend
également aux multiples, et parfois contradictoires, utilisations du
mot. On
constate ainsi un véritable gouffre sémantique entre les premières
acceptions
du terme, alliant grand spectacle et sensation, affrontement d’entités
morales
et rhétorique basée sur les figures de l’excès, et celles plus
tardives,
mettant l’accent sur la psychologie du sacrifice et du pathos. La
confusion
joue également sur le fait que le terme peut inclure tout à la fois
l’effet
produit sur les spectateurs et les moyens mis en œuvre pour parvenir à
ce
résultat. De plus, si les sources du Mélodrame Classique théâtral sont
restreintes et définies, celles du Mélodrame filmique sont par contre
fort
diversifiées selon les différents théoriciens qui les attribuent aussi
bien à
la tragédie grecque qu’au roman bourgeois sentimental, à l’opéra
italien ou
encore au Mélodrame théâtral victorien.
La
place du mélodrame dans les publications, les colloques et les
festivals
actuels ne semble par
ailleurs pas
permettre à de nouvelles pistes de se développer ; une
perspective basée
sur des études et des rétrospectives presque exclusivement
monographiques y est
la plupart du temps privilégiée. Par ailleurs, lorsqu’il est finalement
abordé,
le mélodrame est envisagé selon des approches très restreintes,
notamment celle
de réalisateurs emblématiques du genre.
Le but de ce colloque
international est
d’ouvrir le champ vers de nouvelles perspectives historiques tout en
revisitant
les plus valables, mais aussi de recalibrer les pistes de la théorie
vers des
domaines porteurs tels que les théories cognitives des émotions, les
investigations philosophiques sur la souffrance et le pathos,
l’ouverture du champs
aux dimensions mythiques du genre, etc.
Ces
nouvelles pistes devront s’envisager dans l’idée d’une redéfinition
systématique des topoï du genre et d’un rapport privilégié avec une
dimension
pluri-artistique afin éviter les raccourcis et les
stéréotypes ; si les
pistes littéraires et théâtrales ont souvent été le lieu d’études et de
recherches, celles de l’opéra, de la musique, de la peinture et
d’autres formes
artistiques ont été délaissées malgré leur pertinence. De plus, dans un
refus
de s’articuler uniquement sur une dimension historique, voire
passéiste, il
s’agira d’établir les enjeux contemporains du genre mélodramatique dans
d’autres formats - télévision, danse, installations, multimédias, etc.
- mais aussi dans la représentation
contemporaine du genre au cinéma en permettant de revisiter sous cet
angle
particulier certains films contemporains rattachés à d’autres genres ou
sous-genres.
Propositions
de contributions
1.
Perspective diachronique et
revisitation
historique
Terminologie :
reconsidérer le genre
mélodramatique pour ce qu’il est et non pour ce qu’il est devenu ;
dépasser les
utilisations péjoratives du terme
Théorie :
effectuer un
panorama des études théoriques sur le mélodrame déjà utilisées et y
démasquer
les impasses éventuelles
Nouvelles
perspectives : élargissement
du champ et établissement de nouvelles
perspectives par rapport aux ouvrages déjà publiés sur le
sujet :
éviter ainsi, dans la mesure du possible, les études sur des auteurs
déjà abondamment
étudiés comme Douglas Sirk, Frank Borzage, etc…
2.
Approche transculturelle/ethnographique
Décloisonnement
des frontières géographiques :
dépasser le cadre de
l’Europe et des USA comme seules bases à l’exégèse, envisager l’étude
de cas
(productions, auteurs, films) d’autres continents (Asie, Amérique
latine, etc.)
où l’exégèse est beaucoup moins accessible.
Caractéristiques
nationales : y
a-t-il des caractéristiques nationales récurrentes en
rapport avec le genre ou peut-on dégager un style commun ? (i.e., y
a-t-il un
style hollywoodien/européen ?)
Revisitation &
extensions contemporaines: question
de la représentation actuelle du mélodrame,
revisitation de certains films contemporains rattachés à d’autres
genres ou
sous-genres.
3.
Approche pluridisciplinaire
Liens
et
rapports avec les autres arts
(scène, opéra, littérature,
chorégraphie…) : opportunité d’une redéfinition systématique
des topoï du
genre et d’un rapport privilégié avec une dimension pluri artistique
afin
d’éviter les raccourcis et les stéréotypes, mais aussi ouvrir, au-delà
des
renvois au théâtre et à la littérature, à de nouvelles synergies avec
l’opéra,
la musique ou encore la peinture
Liens
et
rapports avec les autres médias & formats
(télévision,
installations, multimédias, etc.) : établir les enjeux
contemporains du
genre mélodramatique dans d’autres formats
4.
Réception
Perspectives
théoriques :
ouverture du champ d’étude vers la théorie cognitive des
émotions, l’investigation philosophique du pathos, la dimension
mythique du
genre, etc.
Impact
sur
la réception spectatorielle : Quel
est l’impact sur la réception
spectatorielle du passage entre le High et le Low Melodrama ?
Comment
peut-on redéfinir la réception spectatorielle selon la catégorie de
mélodrame ? Parallèlement, il s’agira de s’interroger sur les
idées reçues
vis-à-vis du spectateur de mélodrames et le tort causé par une certaine
critique non anglo-saxonne (réception est fonction du type d’émotivité
qu’elle
déclenche).
Remarque
générale
Chaque sous-catégorie accepte des
études de champ ainsi que des études d’auteur, de périodes ou de films
en
particulier.
Les communications
se feront sur
une base de 30 minutes, extraits de films, diapositives ou autre
support visuel
compris. Toute proposition de communication devra être transmise, en
français
ou en anglais, avant le
1/5/2008 et devra comprendre : un titre
provisoire,
un résumé d’environ 1500 signes, un titre, fonction et ancrage
institutionnel
(adresse, e-mail, téléphone), un bref curriculum vitae (env. 100 mots)
Les
propositions de communication
ainsi que toutes questions supplémentaires sont à soumettre en format
WORD à l'adresse
e-mail suivante : abstract@melocoll.com
La participation au colloque sera
confirmée aux participants au
plus tard le 1/7/2008.